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Pascal Charbonnel parle de la vaccination

Publié le 5 juillet 2017

 Le Docteur Pascal Charbonnel (médecin généraliste et vice-Président du Collège de la médecine générale) était ce mercredi l’invité de Dimitri Pavlenko dans le Grand matin Sud Radio.

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Dès l’an prochain, 11 vaccins seront obligatoires, une mesure du "paquet santé" voulue par le nouveau gouvernement et annoncée par Édouard Philippe hier, lors de son discours de politique générale. De quelle maladie parlons-nous ? Réponse avec le Docteur Pascal Charbonnel, invité ce mercredi de Dimitri Pavlenko.

Bonjour Docteur, vous êtes médecin généraliste et vice-Président du Collège de la médecine générale. Nous allons donc passer de 3 à 11 vaccins obligatoires, pourquoi passe-t-on d’une recommandation à une obligation ?

D’abord ce qui est intéressant, c’est qu’un Premier ministre parle de santé lors d’un discours de politique générale. Pas des comptes de la santé, mais de santé publique et ça c’est une vraie nouveauté, c’est intéressant. Deuxièmement, il y a un problème de sous-vaccination en France, il y a des maladies qui sont en train de réémerger à nouveau alors que des vaccins, qui n’ont aucune dangerosité particulière, existent. Quand on se souvient, comme moi en début d’exercice, ce qu’était une encéphalite à la rougeole, on se dit effectivement qu’il y a de vrais dangers pour la population. Le problème quand on est confronté à ce genre de danger pour la population en matière de santé publique, c’est qu’on répond souvent par l’obligation, dont les effets sont limités puisqu’en général il n’y a pas de contrôle derrière. J’ai l’impression que c’est un geste politique fort dans un domaine ou la santé publique est insuffisante.

De plus en plus de Français ont peur des vaccins et s’en méfient. Vu ce contexte de défiance, la ministre part du principe que si on ne rend pas les choses obligatoires, de moins en moins de gens se feront vacciner. Êtes-vous d’accord avec ce postulat ?

En tout cas on pose un cadre. Christian Saout avait dit qu’il fallait que ce soit obligatoire pour que les gens décident si c’est facultatif ou pas. Je pense que l’obligation est un des éléments qui va faire que l’on va avancer vers autres chose, vers une nouvelle discussion avec les patients. Aujourd’hui, j’ai des parents qui viennent me demander s’il faut vacciner leurs enfants, ce qui n’arrivait pas il y a quelques années. Ce qui est intéressant, c’est que tout ça est dû aux dix dernières années de politique vaccinale où on a essayé de nous vendre de la grippe dans les vaccinodromes, un vaccin pour l’hépatite dont on ne savait pas s’il était dangereux alors qu’on sait aujourd’hui qu’il n’a pas d’effets secondaires notables…

… n’est-ce pas un cadeau fait aux laboratoires pharmaceutiques en fin de compte ?

Non, parce que ce sont d’abord les laboratoires qui font des vaccins efficaces et pourtant Dieu sait si je n’ai aucun intérêt avec l’industrie de santé, contrairement à ceux qui ont signé la pétition dans le Monde il y a quelque temps. Mais en tout cas, on ne peut pas laisser se développer en France une situation où l’on va se retrouver avec l’émergence de pathologies graves comme la rougeole, alors qu’on a les vaccins disponibles et les moyens de vacciner les enfants.

Autre question, les enfants qui ont déjà le DTP (diphtérie, tétanos, polio), devront-ils repasser ces vaccins ?

Non, je ne pense pas que l’on va rattraper. D’abord il faut savoir qu’il y a très peu d’enfants vaccinés uniquement pour les DTP. Je pense que c’est un épiphénomène, ce n’est pas l’essentiel, on regardera au cas par cas. Il y a un autre élément que je voulais souligner, c’est qu’il y a actuellement des pénuries de vaccins majeurs. Là où je travaille aux Ulis (Essonne), le délai d’attente pour avoir un vaccin est de deux mois, parce qu’il n’y a plus de vaccins dans les pharmacies.

Comment ça se fait ?

Parce que les laboratoires, dont vous parliez tout à l’heure, ont des marchés publics bien plus intéressants dans d’autres pays. Du coup, les doses individuelles en France ne sont pas suffisamment rentables pour que l’on puisse en avoir facilement. On ne pourra avoir une vraie politique d’obligation vaccinale que si on est capable d’alimenter les médecins et les pharmacies en médicaments. J’espère que le ministre de la Santé va tenir compte de cet élément qui est tout à fait essentiel pour notre pratique.

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